Le dérèglement climatique et ses conséquences désastreuses sont difficilement contestables. Les effets sont sous nos yeux.
Nous ne devons pas nous laisser berner par l’obscurantisme qui gagne les États-Unis, l’enjeu des connaissances scientifiques et de leur partage démocratique, base de l’information est un sujet central.
Si pendant longtemps le problème a pu sembler lointain à nos concitoyens, aujourd’hui il frappe à nos portes. Les événements exceptionnels le sont de moins en moins, températures élevées ou froides, inondations aggravées par le développement urbain anarchique.
Cette question, qui est très liée à notre manière aujourd’hui et demain d’habiter la planète est un objet de préoccupation fondamental. Il indique que le sort des uns est lié à celui des autres, et que nous sommes tous dans le même bateau, même si certains ont plus de moyens que d’autres de se maintenir à flot. Le lien entre les inégalités sociales et les inégalités environnementales n’est plus à démontrer. Les pays africains payent le développement des pays occidentaux par des sécheresses ou des montées des eaux dramatiques. En France, ce sont les populations les plus défavorisées qui souffrent dans des logements mal isolés, galèrent dans des transports inadaptés ou se nourrissent mal.
Partout où c’est possible, il faut donc agir. L’inaction n’est plus une option. Agir peut se retrouver dans les gestes de tous les jours bien entendu, si ce sont les plus privilégiés, ceux qui polluent le plus qui font d’abord les efforts. L’action est aussi et surtout collective. Elle concerne notre manière d’habiter, de se déplacer, de se nourrir, consommer, produire et travailler.
La production d’énergie occupe une place particulière. Par exemple pour électrifier les transports ou réindustrialiser le pays, il faudra produire de l’électricité décarbonée en quantité suffisante.
Pour chauffer les logements, la géothermie fait partie des solutions qui contribuent à diminuer les émissions de gaz à effet de serre, puisqu’elle permet de remplacer des énergies fossiles par de la production de chaleur plus vertueuse.
Un projet est en cours à Fontenay-aux-roses, qui regroupe les communes de Sceaux et Bourg la Reine. Il fait partie des nombreux projets existants ou déjà réalisés en région parisienne dont les Hauts de Seine. Disons le clairement, nous sommes favorables à ce projet. Parce qu’il est d’intérêt général. Parce qu’il permettra également aux habitants des logements alimentés d’être moins dépendants des hausses de prix liées au marché du gaz.
Ce n’est pas parce que le projet a été engagé sous le mandat du maire actuel (comme dans beaucoup d’autres communes voisines des Hauts de Seine) qu’il faut par principe être contre. Ce n’est ni responsable, ni justifiable en soit. Il faut dire la vérité aux Fontenaisiens, une élection n’autorise pas tout. Nous nous engageons sur ce projet, et cet article souhaite répondre à quelques questions que nous pouvons lire et entendre. Et nous le disons clairement, ce projet, comme tous les autres que nous mènerons si nous dirigeons la ville sera repris en main pour permettre la concertation et la transparence, en particulier avec les sportifs. C’est ce qui a cruellement fait défaut dans la démarche du maire actuel. En particulier, nous engagerons immédiatement toutes les démarches nécessaires et possibles pour garantir la continuité de la pratique du football au stade du Panorama.
Les réponses que nous indiquons concernant les questions ci-dessous sont basées sur le rapport d’enquête public intitulé « projet de géothermie, réalisation d’un doublet géothermique au Dogger sur la commune de Fontenay-aux-Roses ». Les réponses sont données par le Sipperec qui s’appuie sur des analyses de l’Ademe et du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) dont nous n’imaginons pas que puisse être mise en cause la compétence ou la probité. Nous avons fait le choix de répondre à trois argumentaires développés dans cette campagne. Nous ne répondons pas à des arguments ineptes tel, « la géothermie ne permet pas de lutter contre le réchauffement climatique », puisque le remplacement d’une part de ressources fossiles par de la géothermie, diminue mathématiquement les émissions de gaz à effet de serre.
Pour information ces réponses ont été données le 1er août 2024.
Question 1 :
Pertinence du projet de géothermie profonde par rapport à une géothermie de faible profondeur.
Appréciation du commissaire enquêteur : Le recours à la géothermie profonde s’inscrit dans le cadre du schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie d’Île-de France. Il est encouragé par l’ADEME qui représente l’autorité en la matière. Le recours aux énergies renouvelables et récupérables pour la production de chauffage l’hiver et d’eau chaude toute l’année est incontestablement un progrès pour la protection du climat et la réduction d’émission de gaz à effet de serre. Je retiens les arguments du SIPPEREC en défaveur de la géothermie de faible profondeur dans le cas présent, qui sont :
- la nécessité de disposer de beaucoup de foncier, ce qui n’est pas le cas ici, La réponse du SIPPEREC aux observations sur la pertinence du choix de la géothermie profonde par rapport à la géothermie de surface est argumentée et justifie clairement le choix du projet.
- un réseau de géothermie de faible profondeur reste limité à des bâtiments ou ensembles de bâtiments neufs,
- les besoins de réseaux de froid se justifient dans les bâtiments du secteur tertiaire,
- la solution de géothermie de surface est intéressante pour des villes de 10 000 habitants, comme par exemple le village olympique où le foncier peut être rendu disponible dès la conception du projet avec malgré cela un coût plus important que la géothermie profonde qui peut se justifier par un besoin en froid important, ce qui n’est pas le cas ici.
Question 2 :
Choix de l’emplacement du forage.
Réponse du SIPPEREC :
Concernant l’implantation de la centrale de géothermie sur le complexe sportif du Panorama, ce choix fait suite à une étude prospective, menée par le SIPPEREC en 2021-2022, pour développer des projets de géothermie profonde sur la partie sud des Hauts-de-Seine. En lien avec les villes concernées, des terrains ont été identifiés sur des secteurs favorables, comme le complexe sportif du Panorama à Fontenay-aux-Roses. Concernant le laboratoire central des industries électriques (LCIE) mentionné dans l’observation, ce site n’a pas été identifié pour l’implantation d’une géothermie profonde car il est occupé par l’entreprise Veritas et il ne dispose pas de la surface minimale de 5 000 m² disponible pour réaliser les travaux de forage d’une géothermie profonde. De plus, ce foncier appartient à une entité privée contrairement à celui du Panorama sur lequel sera implanté un nouveau service public de chaleur…
A l’issue des travaux de forage, une centrale de géothermie et une zone de maintenance des puits d’une superficie de 2 500 à 3 000 m² seront nécessaires pour l’exploitation du réseau de chaleur. Ce sont donc 2 000 m² à 2 500 m² qui seront dépollués et restitués pour le projet de réaménagement du complexe sportif.
Question numéro 3 :
L’investissement est trop important pour la ville, l’argent serait mieux utilisé pour isoler les bâtiments.
Appréciation du commissaire enquêteur :
les subventions pour les isolations thermiques et les énergies renouvelables ne relèvent pas des mêmes fonds mais elles sont complémentaires. L’isolation des logements est à l’initiative des propriétaires. Le projet de gîte géothermique relève du fonds chaleur porté par l’ADEME et bénéficie aussi d’une subvention de la Région et de la baisse de la TVA. Il est soumis à une étude économique préalable et doit justifier de sa pertinence en évaluant sa capacité à atteindre les 50 % minimum d’énergie renouvelable. Ces subventions et la TVA réduite sont justifiées par les externalités positives liées à la sortie de la dépendance aux énergies fossiles. D’après le SIPPEREC, la filière Géothermie profonde est en plein développement dans notre région, portée aussi bien par des acteurs publics que par des acteurs privés.
NB : l’investissement engagé par la société GeoSud92 sera amorti sur 15 ans et uniquement à la charge des bénéficiaires.
Marie-Claire CAILLETAUD
